Uvalde et Concan, 2 jours de route : du pire au meilleur

Uvalde et Concan

Dimanche 22 et lundi 23 avril 2012 – Parti de Mission vers 8h dimanche, j’ai pris la route qui longe le Rio Grande jusqu’à Laredo, puis la route 83 (franc nord) vers Uvalde et Concan, ma destination pour dimanche. Quelle route « plate » dans tous les sens du mot. On croise de petits villages délabrés, on ne voit jamais le Rio Grande, on parcourt des centaines de kilomètres en droite ligne en « admirant » des installations pétrolières et gazières toutes plus laides les unes  que les autres. Pas trop inspirant pour la photo.

Puis, après 400 kilomètres, l’arrivée à Uvalde est comme un bain de fraîcheur, littéralement. Des arbres, des montagnes, une petite rivière (la Frio). Celle-ci borde à l’ouest le camping où je me suis arrêté hier. Bien agréable comme endroit.

Ce matin, pour mon trajet vers Fort Stockton 400 km plus loin, mon GPS a eu la bonne idée de me faire passer par des petites routes de montagne pendant environ 160 km pour rejoindre l’inter-state 10. Là j’ai eu droit à la plus belle route depuis mon départ de Montréal. Des montagnes vertes avec cactus et sycomores, des précipices à donner le vertige et pratiquement pas d’autos.

Un moment donné, j’ai eu peur de manquer d’essence car je ne pensais vraiment pas être dans un coin si perdu. Je me suis arrêté pour demander à un policier qui attendait un éventuel fou de vitesse (pas moi ;-), si le prochain poste d’essence était proche. « 16 miles » m’a-t-il répondu. Ouf ! c’était juste. Surtout qu’en montagnes, le Rav4 avec la roulotte fait du 30 à 40 litres au 100. La tank se vide assez vite merci. En passant, la limite de vitesse sur cette route est de 113 km/h.  J’en reviens pas. Sur la 10, c’est 130 km/h. Peu de gens vont à cette limite. Avec mon 80, je me fais dépasser bien sûr, mais pas en fous. Autre pays, autres mœurs…

Arrivé sur l’inter-state 10, changement de paysage. C’est le désert avec de petits arbustes et des cactus. Des montagnes comme dans les films western. J’aime bien, mais la route est rectiligne et longue à dormir. Je me suis arrêté quelques minutes pour le faire avant de me retrouver dans les cactus.

Sur toutes les routes que j’ai faites aujourd’hui, des carcasses de cerfs jonchaient l’accotement. J’en ai vu quelques dizaines. Les ranchs en font une spécialité dans le coin (les cerfs, pas les carcasses). Évidemment, là où il y a des cadavres, il y a des urubus, surtout des noirs ici, mais quelques-uns à tête rouge comme ceux qu’on voit au Québec.

Et comme nous sommes au Texas, les immanquables puits de pétrole sont là. Signe des temps, à certains endroits, ils côtoient des éoliennes. J’en ai vu des centaines le long de la 10 un peu avant d’arriver à Fort Stockton.

Commentaires 7

  1. Salut René,
    Heureusement que tu as eu de belles montagnes pour une partie du trajet de ces deux jours! J’ai hâte de voir ces photos.
    Il manque un bout à la fin de ton texte… et même le dernier mot n’est pas terminé; j’imagine que c’est le mot « côtoie »; j’ai hâte de savoir: qu’est-ce que les puits de pétroles côtoient?
    Merci de nous écrire même quand tu as des période moins belles.
    À bientôt.
    France XXX

  2. Bonsoir René,
    Un p’tit bout plate à passer avant d’atteindre un autre beau territoire chez nos voisins du sud…
    As-tu eu l’occasion d’aller fureter dans les médias québécois pour voir du haut des airs le chêne à 5 branches où étaient perchés plus de 150 000 fiers moineaux, nous les Québécois! Y faisait frette en titi et même cette foule colorée ne réussissait à me réchauffer, mais je suis bien contente d’avoir contribué à dessiner ce symbole.
    À une prochaine!
    Monique

  3. Bonjour René,
    Le 22 avril 2012, j’étais du grand rassemblement au son des cloches et à la campagne. Je marchais autour des terres de mon père et de mes ancêtres, j’étais avec eux de tout cœur. Être chez moi avait une grande valeur. J’ai fait 10 km avec plusieurs membres de ma famille. La famille, la terre, l’amour, l’eau, la culture, les chevaux, les oiseaux… ça va bien ensemble. J’ai marché pour le respect de l’environnement et des populations pour aujourd’hui et les générations à venir.

    Notre but : « Transmettre à nos gouvernements notre refus d’être dépossédés de nos richesses et des sources pour un véritable progrès »

    Et toi, en solidarité avec nous et par tes photos, tu mettais en valeur cette terre qui nous comble de ces beautés. Merci René de nous transmettre cet important message : « Savoir admirer et protéger la nature ainsi que ceux qui l’habite en s’intéressant véritablement à eux». Tu le fais à la « René Lortie », du grand Art.

    M.e.r.c.i. ! Diane 😮
    P.s. : j’aurais pu choisir un autre article pour afficher ce message, mais celui-ci « …du pire au meilleur » est un endroit porteur d’espérance.

  4. Allo René,
    Nous aussi nous y étions, au grand rassemblement. Et oui, tout un bain de foule… C’est vrai que la température était froide et venteuse, mais la foule était calme, accueillante et chaleureuse.
    J’ai pensé à toi, ton voyage, aux superbes photos que tu fais. Aux paysages, aux forêts, à la flore que tu nous fais découvrir. À tout ce que nous risquons de voir disparaître et de façon définitive. Certaines actions ne permettent jamais de retour en arrière.
    Alors nous y étions, pour faire entendre d’une seule voix notre désaccord.

  5. Moi aussi j’étais de la grande marche pour la terre, en pensée et en pétition, que j’ai signée. merci a vous toutes les marcheuses. Parce que je dois parler au féminin puisque la grande majorité des interventions sur ce blog est au féminin. L’avenir de la terre passe-t-il par vous? Probable 😉
    Oui Monique j’ai vu la photo spectaculaire de cette main/arbre.
    Bravo Québec. Je suis fier d’en être. Rien vu de tel ici au Texas.

  6. Bonjour René
    D’un seul coeur, le 22 avril au Québec, nous avons honoré la terre, espoir d’un changement, la jeunesse est là pour la relève il me semble.
    Le meilleur sans le pire est-ce réaliste??? On voudrait bien…
    Est-ce-que tu as pu prendre des photos de la plus belle route depuis ton départ de Montréal? J’ai hâte de les voir.
    Ton récit est toujours stimulant, instructif et plein de détails qui permettent à notre imaginaire de se faire des images ou des scénarios pour suivre ton vagabondage au sud des États.
    Imagine quand en plus il y a tes fantastiques photos!!!!!!
    Un gros stress manquer d’essence; j’ai été confrontée à une situation semblable entre Sept-Îles et Havre St-Pierre.
    À ta prochaine halte.
    Ton amie
    Catherine

  7. Salut René
    Je suis heureuse de voir tous tes amis ies, en marche pour notre terre . C’est donc fin l’internet puisque tu as pu voir un petit bout. Oui j’étais avec Jean-René Anjali etYulin.
    On a eu froid mais ça valait la peine. Le coeur était au chaud au milieu de tout ce monde. On sautillait au son des tamtams. Tous mes élèves étaient de la marche aussi.
    C’est un peu désolant de voir ce désert avec ses pompes à pétrole ,heureusement qu’il y a les cactus en fleur. Merci de nous montrer une autre réalité…
    Bonne route vers l’Arizona, je pourrai te suivre sur ma carte et découvrir ce que je n’ai pas vu par tes yeux d’artiste.

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