La Costa del Sol – décembre 1973

Nous sommes donc installés à Torremolinos aux Appartamentos El Cid sur la Carretera de Cadiz. Impossible de retrouver ce bâtiment sur Google. Je suppose donc que le développement immobilier et / ou touristique en aura eu raison.

Route de Malaga à Algeciras, Espagne

Route de Malaga à Algeciras, Espagne (Google Maps)

En somme, on s’est reposé, on a beaucoup lu, bien bu, bien mangé, attendu des lettres de nos familles et amis et fêté Noël et le jour de l’an avec les espagnols, les marocains et les quelques touristes avec qui nous avions des affinités. On a même hébergé des québécois une nuit. On a aussi exploré les alentours parce qu’après une dizaine de jours d’immobilité, on a commencé à s’ennuyer un peu. Un mois c’était trop long. Mais ça nous a permis de faire le point sur la suite à donner au voyage et à ce chapitre ce fut très bénéfique.

Voici donc une galerie de photos prises lors du mois de décembre. Ce sera suivi d’extraits de mon carnet de voyage. Rappel : cliquez sur la première photo pour visionner cette galerie en format original. Utilisez ensuite les flèches droite et gauche pour naviguer.

Mes lectures du mois

Les magazines que j’avais apportés : Nous, Mainmise, Atlas, Partir.
Les livres achetés sur place : « Le Sphynx des glaces » de Jules Verne, « Le joueur » de Dostoievsky et « Le soleil se lève aussi » d’Ernest Hemingway.

On a aussi acheté « Je suis née grecque » de Melina Mercouri (qu’on lira plus tard en Grèce).

Quelques extraits de mon journal

Dimanche 9 décembre : « Rencontrés dans Torremolinos, un québécois, un australien et deux marocains à une terrasse de café. Le québécois (de Québec) couchera chez nous ce soir car il est intéressé à se louer un appartement pour une semaine ici, mais le bureau est fermé le dimanche. »

Mercredi 12 décembre : « Événement désagréable au réveil : le type des appartements frappe à la porte à 9h30. Il a dans les mains mon pantalon et la sacoche de Claire. On s’est fait cambrioler pendant la nuit. Il ne manque rien à la sacoche de Claire, mais mon portefeuille a été vidé des 1000 pesetas (20$) qu’il contenait. De plus, le voleur a les clés de l’auto. Je m’étais réveillé pendant la nuit et j’avais trouvé la porte grande ouverte. Étant trop endormi, je pensai qu’on l’avait mal fermée. À l’avenir nous fermerons à clé. » […] « Dans la soirée : on va voir un film de Leone à Malaga « Por un ponare de dolares ». On y retrouve très bien les paysages de la sierra que nous avons traversée pour venir ici. »

Dimanche 23 décembre : « Ce matin, il pleut. Je rêve au Maroc. On rêve de soleil et surtout, de civilisation différente. Une fois qu’on s’est familiarisé avec l’Europe, on se rend compte qu’en fait, ce n’est pas tellement différent. Donc on a le goût d’en voir et d’en connaître davantage sur d’autres cultures et je pense que l’Afrique du Nord sera très intéressante à ce sujet.. Un petit article dans « Le Monde » et un entrefilet dans « Europe on 5 and 10″ ont suffi pour faire partir la machine à rêves. On  commence à s’engourdir ici et on sent le besoin de bouger. » 

Mardi 25 décembre 00h01 : « Codorniu. Je prends une photo. On boit la bouteille en un rien de temps et on se fait des cafés flambés au cognac. Très bon et très efficace : à 1h du matin on part pour Torremolinos « ben saoûls ».
On fait un premier bar, suédois. Puis un deuxième, atmosphère agréable; on danse et on se défoule jusqu’à 4h.
On rentre finalement après avoir rencontré plusieurs personnes dont deux marocains desquels nous avons l’adresse à Casablanca.
On se couche à 4h30, ronds comme des barils. »

Mercredi 26 décembre : « Journée superbe : le soleil est très chaud et caresse la peau en la dorant doucement.
À 2h pm on va faire un tour à Mijas profitant du soleil radieux.
En chemin nous rencontrons un franco-ontarien d’Ottawa. Il nous dit qu’à Montréal il y eu deux tempêtes la semaine dernière.
Je prends des photos d’un vieux berger : l’endroit est magnifique entre les montagnes à Mijas. 
En revenant, événement cocasse : un taureau tente de ruer la voiture qui nous précédait et se met en travers de la route. Je freine car je crains qu’il nous rentre dedans; son regard est assez terrifiant. (rappel: notre auto est rouge) Un camion qui nous suivait, lui n’arrête pas et fonce sur le taureau. Celui-ci part en courant devant le camion à une vitesse incroyable. OUF! on attend un instant puis on repart, pas très braves; il n’est plus là … »

Dimanche 30 décembre : « Alors qu’on s’y attendait pas : une lettre pour Claire de sa mère. On y apprend que Linda ne viendra pas en Espagne, donc on est fixé : nous partirons d’ici le 4 janvier. »

Lundi 31 décembre 1973 : « Dernier jour de l’année 73. Elle se finira en beauté car aujourd’hui il fait un soleil radieux et c’est très chaud. Après le dîner, nous allons faire une promenade sur la Carihuela; nous observons des pêcheurs ramener leurs filets.
Souper au spaghetti. Gros pop-corn.
Minuit – l’année est finie, une autre commence. On boit notre Codorniu et on mange, oh quel délice! du caviar et des anchois.
Après tout ça, on va faire un tour au village. Il y règne une vraie atmosphère de fête populaire: plein de gens à moitié saouls dans les rues.
Je n’ai que trente pesetas dans les poches, mais on réussit à toffer jusqu’à 3h30. On a trouvé un bar pas cher : 4 pesetas pour un coñac, et des marocains qui nous payaient des drinks. »

Algeciras, vendredi 4 janvier 1974 : « Oui, nous y sommes à la Puerta de Europa. Nous sommes à l’hôtel Termino (le rendez-vous des français) à Algeciras. De notre chambre on voit très bien la baie d’Algeciras, le port et le rocher de Gibraltar. Cet après-midi nous y sommes allés. Il ne semble pas être possible d’y entrer, c’est plein de militaires.
[…] Souper au restaurant Montes à la santé de monsieur et madame Thivierge (ils avaient envoyé de l’argent en cadeau à Claire). Excellent repas : soupe de poissons, poissons frits assortis et poulet à l’ail pour moi, tournedos pour Claire. Demain on embarque à 1h pm. » 

Petit rappel historique sur la situation de l’Espagne

En 1973, l’Espagne est toujours sous la gouverne du général Franco, bien que la monarchie y avait été réinstaurée en 1969. Celui-ci était aux commandes depuis la guerre civile sanglante de 1936 à 1939. Ça faisait donc près de 35 ans qu’il régnait en véritable dictateur de droite sur ce pays. Ce n’est qu’à sa mort en 1975 que l’Espagne a pu redevenir démocratique sous le roi Juan Carlos 1er. Elle a intégré l’Union européenne en 1986.
Source : Wikipedia

Prochain article : Le Maroc

Commentaires 1

  1. Un véritable régal. La photo de toi et Claire autour de la table : votre fou rire est contagieux!

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