Codroy et Cape St-George

Codroy et Cape St. George, Terre-Neuve

26 au 28 mai 2018

La vallée de la Codroy

Mon premier arrêt après la traversée d’une durée de six heures trente sera à l’embouchure de la rivière Codroy. Celle-ci se jette dans le Golfe Saint-Laurent à environ 40 kilomètres au Nord-Ouest de Port-aux-Basques. J’aurai tout juste le temps de m’y rendre avant la fin du jour. Quoiqu’avec le décalage de 30 minutes d’avec la zone Maritime, le soleil s’y couche plus tard, soit vers 21h30 à ce temps de l’année. Mon site de caravanage autonome (boondocking) est situé sur une petite plage juste avant le pont qui traverse la rivière. C’est pas chaud ce soir. On aperçoit d’ailleurs les montagnes dont les sommets sont encore enneigés vers l’Est. Le séjour à Terre-Neuve s’annonce frisquet, ce qui n’est pas inhabituel en mai et juin selon les autochtones. Au matin du 27, une promenade le long de la rivière m’a permis d’observer des canards d’Amérique, des sternes pierregarins, des grands chevaliers et des bruants des prés. Au loin, un busard Saint-Martin rasait les champs à la recherche d’une proie.

Cape St. George et le parc Boutte du Cap

En consultant freecampsites.net, j’avais noté qu’on y mentionnait un site exceptionnel à Cape St. George qui abritait deux colonies d’oiseaux, sans mentionner l’espèce. Il n’en fallait cependant pas plus pour éveiller mon intérêt et ma curiosité. Je me suis donc dirigé vers cet endroit afin d’y passer au moins une nuit. Le site est situé à l’extrémité ouest de la péninsule de Port-au-Port. Celle-ci a jadis été occupée par les Français et ensuite par les Acadiens, à la suite de la déportation de 1755. On peut encore y parler quelques mots de français avec les habitants plus âgés. Stephenvile, la ville de la péninsule, avait dans les années 1970 une association francophone nommée l’Ordre du Bon Temps. Celle-ci a cependant été dissoute en 1987, probablement à cause de l’assimilation et de l’exil des francophones. Je me souviens d’un film documentaire d’André Gladu, dans la série le Son des Français d’Amérique, qui a été tourné dans cette région vers la fin des années 1970. Quelle merveille que ce Parc Boutte du Cap. Un véritable cadeau aux gens de passage et aux habitants des villages côtiers environnants. Un camping aménagé avec eau potable, toilettes sèches, tables à pique-nique et sites ombragés au sommet d’un cap où la vue est à couper le souffle, tant au propre qu’au figuré : les vents violents qui le balaient sont réellement impressionnants. J’y ai effectivement découvert deux colonies de mouettes tridactyles nichant sur ces falaises escarpées. C’est de toute beauté de voir évoluer ces as du vol en conditions extrêmes. Parmi ces milliers de mouettes, des fous de Bassan, des goélands, des cormorans, des petits pingouins et des macreuses brunes passent de temps à autre. Dans l’eau, quelques groupes d’eiders à duvet se laissent apercevoir au loin. J’ai tellement aimé le site que j’ai décidé d’y passer deux nuits. Une autre raison m’y incitait cependant, on annonçait du très mauvais temps plus au Nord, à Twillingate entre autres, où je pensais me rendre pour y observer les icebergs. Il y en avait beaucoup moins cette année, en moyenne, comparé à l’année dernière sur toute la côte nord de l’île. J’en ai cependant vu quelques-uns spectaculaires, mais ce sera le sujet d’un article à venir…

Commentaires 9

  1. Certes, j’imagine bien que le froid est mordant, mais ce doit tout de même être phénoménal !
    Merci pour ce partage qui me porte aux rêves…
    Bonne fin de soirée

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  2. Un lieu magique absolument inconnu de moi, merci pour cette découverte et ses beautés!!!

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  3. Ma photo préférée est celle de l’Eider.
    Nous en voyons souvent à Miscou, mais je n’ai jamais fait une aussi belle prise photo.
    Belle continuité !

  4. Laurence a eu la gentillesse de me faire parvenir le lien vers ton voyage à Terre-Neuve, où j’ai habité 5 ans. Je vivais à St-John’s, de l’autre côté de l’île. Je suis aussi allée sur la côte ouest, là où tu es. Tes photos sont magnifiques, elles font honneur à la beauté de la nature omniprésente à T.-N. Merci beaucoup René de partager cela.

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      Merci Marie pour ton commentaire. France et moi avons visité St-John’s la semaine dernière et j’ai été enchanté par la saveur particulière de cette ville. J’en ferai un article d’ici quelques semaines. Il y faisait très froid, mais ça ne gâche pas sa beauté et la gentillesse des gens qui y habitent.

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