Parc national de Gros-Morne

Le parc national de Gros-Morne, Terre-Neuve

Un voyage à Gros-Morne c’est une incursion dans la géologie, l’histoire et la nature sauvage de l’île de Terre-Neuve. Le parc national de Gros-Morne est ainsi nommé d’après le mont Gros-Morne, deuxième plus haut sommet de l’île, dominant le parc à 806 mètres d’altitude.

C’était ma deuxième visite dans le parc, la première ayant eu lieu en août 2007 quand France et moi y avions séjourné au camping de Norris Point avec notre petite tente-roulotte. On retrouvera donc des photos datant de cette visite dans le présent article, notamment la croisière sur l’étang Western Brook, le magnifique faux fjord du parc.

Géologie

L’ensemble du parc fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette reconnaissance est principalement due à sa richesse géologique qui, entre autres, constitue une illustration vivante de la théorie de la tectonique des plaques.

Les Tablelands représentent certainement la plus spectaculaire manifestation de l’intérêt géologique du parc. Issue des profondeurs de la terre, cette masse de péridotite, une roche ultramafique, c’est-à-dire pauvre en silice, a probablement été formée il y a plusieurs centaines de millions d’années suite à la collision des plaques tectoniques qui l’ont fait remonter à la surface. Sa couleur brunâtre est causée par la présence de fer. L’absence de nutriments minéraux de la péridotite fait en sorte que pratiquement aucune plante n’y pousse. On y a parfois l’impression de se trouver dans un désert ou sur une autre planète.

Le site de Green Point, au Nord-ouest du parc, présente également des falaises intéressantes. Elles sont formées de couches rocheuses issues du fond d’une mer ancienne de l’époque ordovicienne. Ce site est reconnu à l’échelle mondiale pour son intérêt géologique.

Histoire

Les premiers habitants de la région furent les peuples autochtones de l’Archaïque maritime il y a environ 5000 ans. Vinrent ensuite les groupes de Paléo-esquimaux du Dorset et les nations plus récentes comme les Béothuks. Le site de Port au Choix à une centaine de kilomètres au Nord du parc présente un aperçu intéressant de ce que furent ces Premières Nations. La dernière survivante connue de la nation Beothuk, Shanawdithit, est morte de la tuberculose à Saint-John’s en 1829, à l’âge de 28 ans. À l’arrivée des premiers explorateurs européens, on estimait la population de cette nation à près de 700 personnes.

Autour de l’an mil (1000), les Vikings ont occupé brièvement un territoire à quelques centaines de kilomètres au Nord du parc aujourd’hui nommé l’Anse-aux-Meadows. Puis, 500 ans plus tard ce fut au tour des Basques, des Français et des Anglais à être attiré par les ressources de pêche abondantes de cette région.

Après plusieurs disputes territoriales entre les Français et la Anglais au XVIe siècle, le pays fut cédé aux Anglais par le traité d’Utrecht de 1713, contre des droits de pêche et de séchage pour les populations françaises sur la côte nord-est. Ces populations se sont ensuite déplacées sur la côte ouest autour de l’actuel emplacement du parc.

Le territoire du parc lui-même a été cédé au fédéral par la province de Terre-Neuve-et-Labrador en 1973. En 1987, il fut reconnu comme site du patrimoine mondial par l'UNESCO. Mais ce n’est qu’en 2005 qu’il fut créé officiellement par Parcs Canada.

Les sentiers du parc Gros-Morne

Durant mon séjour de quelques jours en 2007 et d’une semaine en juin 2018, je n’ai évidemment pu faire tous les sentiers de randonnée du parc, mais ceux que j’ai faits m’ont ravi à tous points de vue.

Le sentier que j’aurais aimé faire cette année, ascension du Gros-Morne, était malheureusement toujours fermé fin juin à cause de la neige et de la glace. Comme point de vue en hauteur, le sentier Lookout près du centre de découvertes dans la partie Sud du parc, offre un panorama intéressant sur les Tablelands et une ascension revigorante à souhait. Je l’ai fait en fin de journée en compagnie d’un couple d’États-uniens fort sympathiques.

La nouvelle configuration du sentier Western Brook Pond que nous avions fait France et moi en 2007, m’a cependant déçu. C’est maintenant une « autoroute » de gravier grossier qui évite les tourbières dans lesquels on passait auparavant sur un sentier de bois beaucoup plus intéressant. Ce gravier constitue aussi un écueil pour la marche et on risque de se faire une entorse à chaque pas. Grosses bottes de marche conseillées. Un couple de l’endroit très familiers du sentier a partagé ma frustration et nous étions d’accord que l’amélioration n’en est pas une, sauf pour les employés du parc qui doivent se taper le trajet quotidiennement et qui le font en véhicule tout terrain. Je dois cependant dire que la croisière offerte sur ce plan d’eau vaut le déplacement. Je n’ai pas renouvelé l’expérience cette année, mais celle de 2007 avec France fut mémorable.

Le sentier des Tablelands est toujours aussi dépaysant. C’est un peu comme marcher sur la lune, sans l’effet d’apesanteur. Parsemé de plaques de neige encore visibles même en fin d’été, ce sentier est un incontournable pour avoir un aperçu de près de cette formation géologique exceptionnelle.

Une de mes belles découvertes cette année a été le sentier côtier Old Mail Road au nord de Cow Head. La partie dunes de sable en fin de parcours est tout simplement fantastique et un régal pour le photographe.

Plusieurs petits sentiers thématiques le long de la côte valent un arrêt, soit pour la beauté des paysages, soit pour leur intérêt historique ou géologique. Mentionnons notamment le sentier du littoral pour ses paysages côtiers, sa plage de sable et les limicoles et canards qu’on peut y apercevoir; le sentier du site géologique de Green Point, le site du naufrage du S.S. Ethie qui s’est échoué lors d’une tempête le 11 décembre 1919 sur le littoral.

Le petit sentier qui mène à la chute Southeast (Southeast Brook Falls).

Finalement je mentionnerai le sentier aquatique que j’ai fait en kayak sur la Trout River Pond et qui longe les Tablelands. Offrant un point de vue différent sur cette magnifique et étrange formation rocheuse, cette randonnée m’a comblé.

Mes sites de camping et de caravaning autonome (boondocking) à Gros-Morne

La plupart des campings du parc n'offrent pas de services d'électricité ou d'égout, seulement le site avec blocs sanitaires et douches. J'ai donc passé plus de temps à l'extérieur du parc en caravaning autonome. Les seules exceptions ont été une nuit au camping de Berry Hill et une autre à Lomond.

Les autres nuits je les ai passées aux haltes routières de Parson's Pond, de Cow Head, et au bord de la route à Trout River.

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Commentaires 2

  1. Merci René pour ce nouveau texte et ces magnifiques photos. Le voyage de 2007 nous avait aussi comblés, tout comme celui de cette année. Les Tablelands m’avaient beaucoup impressionnée.
    Les dunes ressemblent à de la neige; est-ce vraiment du sable?
    C’est la première fois que je vois un durbec des sapins; très bel oiseau, avec des couleurs toutes en douceur.
    De te lire donne le goût de repartir. Peut-être l’an prochain?
    Tendresse.
    France

  2. Absolument magnifique! Les textes jumelés aux photos rendent ton récit vivant, bien instructif. Tu nous fait découvrir un coin de pays plein de beautés. La reconstitution d’une habitation Viking, rivières, oiseaux, fleurs…. et l’histoire relié à ce territoire. Impressionnant!

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