Île Gros-Pot vue du chalet La Gélinotte au coucher de soleil

Île aux Lièvres

René LortieNature, Québec 3 Comments

L’île aux Lièvres

Séjour de cinq jours, fin d’août, photographie des oiseaux et rencontre littéraire

Au beau milieu du Saint-Laurent, l’île aux Lièvres offre une occasion de profiter de la nature sans les inconvénients associés aux bruits des moteurs et autres engins qui polluent le continent. Sillonnée par une quarantaine de kilomètres de sentiers exclusivement pédestres, elle offre un cadre propice à la contemplation et à la découverte de la faune, de la flore et de la géologie propres à ce coin de pays entre Bas-Saint-Laurent et Charlevoix, plus précisément entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon.

Île Gros-Pot vue du chalet La Gélinotte au coucher de soleil
Île Gros-Pot au coucher de soleil
L’île aux Lièvres entre Saint-Siméon et Rivière-du-Loup
Sculpture sur pierre de Gilles Lepage – 2017 * Rocher du Lièvre – Île aux Lièvres (le seul lièvre que j’ai aperçu sur l’île)

Notre séjour en chalet

Comme nous étions quatre personnes, nous avons choisi un grand chalet, La Gélinotte, situé à quelques centaines de mètres à l’est du quai et du café de l’île. Ce refuge confortable comprend une terrasse et un belvédère offrant une belle vue sur l’île Gros-Pot.

Vue de l’île Gros-Pot à partir du chalet La Gélinotte

En l’absence d’épicerie ou de dépanneur sur l’île, nous avons dû prévoir tous nos repas à l’avance et bien planifier notre séjour.

Nous y avons passé cinq jours et quatre nuits des plus agréables. J’en ai évidemment profité pour faire des excursions photographiques et explorer les sentiers du centre et de l’est de l’île.

Les photos des galeries de ce site sont affichées sous forme de vignette rognée, cliquez sur une image pour les afficher en mode diaporama plein écran. Naviguez ensuite avec les flèches gauche et droite du clavier ou en cliquant sur les symboles > et <

Mes observations

Mon séjour à l’île aux Lièvres en fin août a été assez riche en observations d’oiseaux, malgré le fait que les eiders à duvet avaient déjà quitté leurs nids depuis plusieurs semaines. On peut d’ailleurs apercevoir les femelles et les jeunes, ceux-ci ayant pratiquement la même taille que les adultes, se nourrir dans les eaux du littoral environnant. Les mâles ont presque tous quitté la région après la saison de reproduction et sont donc beaucoup moins observés sur ces côtes à cette période. Nous avons eu la chance d’apercevoir un groupe d’une douzaine de macreuses à front blanc pendant qu’on attendait le bateau qui devait nous ramener à Rivière-du-Loup. Pluviers semipalmés, en grand nombre, et quelques grands chevaliers se sont laissé voir et entendre comme représentants des limicoles. Évidemment, les goélands à bec cerclé étaient omniprésents, côtoyant les goélands marins et les goélands hudsoniens (anciennement nommés ‘argentés’).

Les passereaux, quant à eux, sont visibles en grand nombre. Ils ont amorcé leur migration méridionale et se reposent sur l’île qui leur fournit gîte et nourriture en abondance. Les rapaces en profitent également. Lors de mes randonnées sur le sentier La Grande Course vers la pointe est de l’île, j’ai croisé quantité de parulines, bruants et viréos, de même que des pics mineurs, pics chevelus et pics flamboyants.

Mon principal défi photographique concernant les passereaux fut leur hyperactivité. À la recherche de nourriture, ils bougent vite et ne restent immobiles que quelques secondes, rendant leur capture en photo assez difficile.

J’ai aussi eu le bonheur de faire une première observation à vie d’une petite buse.

Petite buse perchée sur la pointe brisée d'un sapin mort
Petite buse / Broad-winged Hawk / Buteo platypterus * Île aux Lièvres (Québec)

Le grand corbeau signalait fréquemment sa présence de son croassement rauque, beaucoup plus agréable à entendre que celui plus nasillard de la corneille. Celle-ci est omniprésente sur l’île.

Grand corbeau en vol au-dessus du sentier littoral vers l'est de l'île
Grand corbeau / Common Raven / Corvus corax * Île aux Lièvres

Une belle surprise littéraire

Le 28 août, nous avons été invités à une première à l’île aux Lièvres, une rencontre littéraire. L’auteur Sébastien Dulude dont le premier roman, Amiante, connaît un grand succès, fut le premier invité de cette rencontre. Animée par son ami Phillip Schube-Coquereau, chef du restaurant de l’auberge du Lièvre et avec lequel il a fait des études supérieures en littérature, l’entretien nous a permis d’apprécier le travail de création et d’élaboration des phases du roman.

L’écrivain a relaté qu’il a tissé sa trame narrative à partir de souvenirs d’enfance et concentré ses efforts sur la psychologie des personnages. Le paysage à la fois rude et grandiose de la ville de Thetford Mines sert de décor à ce récit dramatique. Certains lecteurs, notamment en France, ont trouvé des similitudes avec leur vécu dans une ville où une seule industrie assure pratiquement toute la vie économique et sociale de ses habitants.

La Société Duvetnor a l’intention de poursuivre dans cette voie en invitant des artistes à venir, soit présenter leurs œuvres, soit profiter du lieu pour créer selon le modèle « résidence d’artiste ». Une initiative à saluer et à encourager.

La Société Duvetnor

Fondée en 1979 par Jean Bédard et un groupe d’amis biologistes, la Société Duvetnor est une corporation privée sans but lucratif. Ayant pour mission la conservation, l’éducation et la recherche, elle se finance par la vente du duvet d’eiders récolté au printemps et en début d’été et par ses activités d’écotourisme sur l’île du Pot à l’Eau-de-Vie et sur l’île aux Lièvres.

Duvetnor possède quatre bateaux offrant le transport vers les îles et des excursions autour des archipels pour l’observation des oiseaux marins et la découverte de leurs particularités tant écologiques que culturelles. Par exemple, on y apprend que des milliers de petits pingouins nichent sur les falaises de l’île Gros Pot et que des contrebandiers y cachaient des caisses d’alcool pendant la prohibition.

Je suis revenu de l’île avec de nombreuses photos et l’impression d’avoir vécu cinq jours à un autre rythme. Le plaisir de partager un chalet entre amis, le calme des sentiers, les oiseaux en migration et cette rencontre littéraire inattendue resteront pour moi associés à l’île aux Lièvres.

Comments 3

  1. Tout commence avec un sentier suscitant l’envie de le suivre,
    puis apparaît un pluvier au regard de tendresse, seul les pieds dans l’eau, suit une paruline le toupet au vent. On se dit que l’on aimerait sentir ce vent dans nos cheveux.
    Cerise sur le sundae : le grand corbeau aux ailes déployées !
    Un séjour à l’île aux Lièvres, oui monsieur, j’aimerais beaucoup.
    Merci René.

  2. Merci René de raviver mes souvenirs en parcourant ton article.
    Encore une quelques belles photos que tu as prises

    Mes coups de coeur: le goéland en plongée… quelle patience tu as pour attendre le bon moment qui fait toute la différence et la petite buse perchée sur le bout d’un arbre…elle m’apparait si grande
    Merci à toi et France de nous avoir permis de partager ces 5 jours avec vous..c’est toujours un grand plaisir
    A bientôt j’espère
    Gaétan

  3. Oui, ces petits oiseaux avec leurs plumes qui volent au vent sont tellement mignons. Merci pour ces photos, René. J’étais là aussi sur l’île, mais je n’ai pas vu tout ça.
    Mais je suis allée à la rencontre avec l’écrivain Sébastien Dulude; c’était fort intéressant de l’entendre expliquer comment il a pu passer de la poésie au roman dans son écriture; ce sont les mots qui l’ont aidé, son amour des mots en fait. Je trouve que c’est une très bonne idée d’amener les arts en ce beau lieu qu’est l’île aux Lièvres.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.